La crise politique autour de l’ancien président brésilien Jair Bolsonaro a franchi un nouveau seuil ce lundi 25 novembre 2025. La Cour suprême du Brésil a confirmé à l’unanimité son arrestation préventive, deux jours après que l’ex-chef d’État a tenté de retirer son bracelet électronique à l’aide d’un fer à souder, en violation flagrante des conditions de son assignation à résidence.
Arrêté samedi matin, Bolsonaro, 70 ans, est désormais détenu au quartier général de la police fédérale à Brasilia. Depuis août dernier, il attendait l’affectation de son lieu de détention pour purger une lourde peine de 27 ans de prison, prononcée pour son rôle central dans la tentative de coup d’État de 2022 visant à contester la victoire électorale de Luiz Inacio Lula da Silva et à se maintenir au pouvoir.
Un risque de fuite jugé « sérieux »
Le juge Alexandre de Moraes, figure clé de la Cour suprême et responsable du mandat d’arrêt initial, a estimé que Bolsonaro représentait un risque réel de fuite. Il a souligné que l’ancien président avait lui-même reconnu avoir brisé son bracelet électronique, un acte qualifié de « grave malversation » et de « non-respect répété des mesures de précaution ». Selon le magistrat, cette attitude démontre un « irrespect manifeste envers le tribunal ».
Bolsonaro a affirmé avoir agi sous l’effet d’une crise nerveuse et d’hallucinations provoquées, selon lui, par un changement de traitement médical visant à soigner un hoquet persistant. La Cour a rejeté cette justification, estimant qu’elle ne pouvait en aucun cas constituer un motif valable pour contourner les restrictions judiciaires.
Une affaire désormais scellée
En parallèle, la première chambre de la Cour suprême a rejeté à l’unanimité les derniers recours déposés par l’ensemble des accusés impliqués dans la tentative de coup d’État. La sentence est désormais considérée comme définitive.
Pour Bolsonaro et les six autres condamnés, les possibilités de défense se réduisent drastiquement. Les ultimes recours encore envisageables ne portent plus sur le verdict, mais uniquement sur d’éventuelles omissions ou ambiguïtés procédurales, des requêtes que le juge Moraes devrait, selon les observateurs, écarter rapidement.
Une fois ces démarches définitivement closes, la Cour suprême ordonnera le début de l’exécution des peines. Jair Bolsonaro, qui bénéficie d’une influence politique encore puissante auprès d’une partie de la droite brésilienne, se retrouve ainsi dans une situation judiciaire sans précédent dans l’histoire récente du pays.
Alors que le Brésil continue de panser les blessures institutionnelles laissées par la crise post-électorale de 2022, cette décision marque un tournant majeur dans la lutte contre les dérives autoritaires qui ont ébranlé la plus grande démocratie d’Amérique latine.



