L’Ouganda a officiellement lancé, le lundi 2 mars 2026, un programme d’achat d’or sur le marché local afin de renforcer ses réserves de change et de se prémunir contre les incertitudes économiques internationales. L’initiative est pilotée par la Banque d’Ouganda (BoU), qui entend diversifier ses actifs dans un contexte marqué par la volatilité financière mondiale et la hausse continue du prix du métal précieux.
Selon Adam Mugume, directeur exécutif chargé de la recherche et de l’analyse économique à la Banque d’Ouganda, les autorités monétaires espèrent acquérir au moins 100 kilogrammes d’or entre mars et juin si le programme se déroule comme prévu. Cette première phase doit servir de test avant une éventuelle montée en puissance des achats.
Ce projet, envisagé depuis près de deux ans, n’avait jusque-là jamais été concrétisé. Sa mise en œuvre intervient alors que les cours de l’or connaissent une forte progression sur les marchés internationaux, dépassant récemment les 5.396 dollars l’once. Cette hausse est largement alimentée par les tensions géopolitiques mondiales et la recherche de valeurs refuges par les investisseurs.
Avec cette initiative, l’Ouganda s’inscrit dans une tendance observée dans plusieurs pays africains, notamment le Kenya et la République démocratique du Congo, qui ont également renforcé leurs politiques d’acquisition d’or afin de consolider leurs réserves financières.
Les autorités ougandaises comptent s’approvisionner auprès de l’ensemble de la filière aurifère nationale. Le programme prévoit ainsi l’achat d’or aussi bien auprès des grandes et moyennes entreprises minières que des exploitants artisanaux. Cette approche vise non seulement à sécuriser l’approvisionnement de la banque centrale, mais aussi à soutenir la production locale et à formaliser davantage le secteur.
L’initiative intervient dans un contexte particulièrement favorable pour l’industrie aurifère ougandaise. En 2025, les exportations d’or du pays ont atteint un niveau record estimé à 5,8 milliards de dollars, soit une progression de 76 % par rapport à l’année précédente. Cette performance confirme le rôle croissant du métal précieux dans l’économie nationale.
Pour la Banque d’Ouganda, l’accumulation d’or constitue un instrument stratégique de stabilisation financière. En augmentant la part de l’or dans ses réserves, le pays cherche à réduire sa dépendance aux devises étrangères, notamment le dollar, tout en se protégeant contre les fluctuations des marchés financiers internationaux.
Au-delà des considérations monétaires, cette politique pourrait également renforcer la crédibilité financière du pays et améliorer sa résilience face aux chocs extérieurs. Dans un environnement international incertain, marqué par des tensions géopolitiques persistantes et des risques inflationnistes, l’or apparaît de plus en plus comme un actif de sécurité pour de nombreux États.
En se positionnant sur ce marché stratégique, l’Ouganda confirme sa volonté de tirer parti de ses ressources naturelles tout en consolidant les bases de sa stabilité économique. Cette nouvelle orientation pourrait également inspirer d’autres pays africains soucieux de sécuriser leurs réserves et de valoriser leurs productions minières.




