L’éthiopie a exhorté les pays africains à mettre en place un mécanisme régional de protection financière afin de réduire leur vulnérabilité face aux financements extérieurs jugés instables et aux chocs économiques mondiaux. l’appel a été lancé par le gouverneur de la banque nationale d’éthiopie, eyob tekaligne, dans un contexte de fortes tensions sur les finances publiques de plusieurs États africains.
selon le responsable éthiopien, l’afrique demeure contrainte de dépendre excessivement de ses réserves nationales limitées et du soutien d’urgence du fonds monétaire international. une dépendance qui, d’après lui, fragilise la souveraineté financière des pays du continent et les expose davantage aux retournements de conjoncture mondiale.
Critiques contre le système de quotes-parts du FMI
Eyob tekaligne a également dénoncé le système de répartition des quotes-parts du fmi, qu’il juge inadapté aux réalités économiques actuelles. la répartition en vigueur, estime-t-il, ne reflète ni le poids économique réel ni les efforts de réformes engagés par certaines économies dynamiques comme l’éthiopie. pour addis-abeba, cette situation limite l’influence de plusieurs pays africains dans la gouvernance financière mondiale et réduit leur capacité à peser dans les décisions stratégiques.
Une proposition portée sur la scène internationale
L’initiative éthiopienne a été présentée lors d’une table ronde de haut niveau organisée en marge de la conférence d’alula sur les économies de marché émergentes, tenue en arabie saoudite. l’événement a réuni plusieurs figures majeures de la finance mondiale, dont la directrice générale du fmi, kristalina georgieva, la directrice générale de la banque mondiale, anna bjerde, ainsi que les gouverneurs des banques centrales d’égypte, du pakistan, du qatar et de l’arabie saoudite.
Vers une architecture financière africaine plus autonome
Au-delà de la critique du système actuel, addis-abeba plaide pour la création d’un véritable filet de sécurité financière régional en afrique, capable d’apporter des liquidités d’urgence, de coordonner des mécanismes de stabilisation macroéconomique et de renforcer la résilience face aux crises externes. une telle architecture pourrait, selon les autorités éthiopiennes, compléter l’action des institutions financières internationales, tout en réduisant la dépendance du continent aux appuis extérieurs.
pour plusieurs observateurs, cette proposition relance le débat sur la réforme de la gouvernance financière mondiale et sur la nécessité pour l’afrique de renforcer ses instruments propres de solidarité financière, à l’heure où les économies émergentes réclament une représentation plus équitable dans les grandes institutions de bretton woods.




