Lors du Forum de haut niveau de Tana sur la sécurité en Afrique, tenu à Addis-Abeba du 24 au 26 octobre 2025, l’intellectuel tchadien Dr. Ahmat Yacoub Dabio a livré une réflexion marquante sur le rôle des jeunes dans la transformation du continent. Pour lui, « les jeunes africains sont une force à structurer, non à sous-estimer ».
Estimant que la jeunesse constitue plus de 60 % de la population africaine, Dr. Yacoub regrette que ce potentiel reste souvent mal exploité, faute d’organisation et d’initiative collective. « Les jeunes se plaignent beaucoup, c’est leur droit. Mais ils oublient qu’ils ont le pouvoir numérique et démographique d’inverser les rapports de force », a-t-il affirmé.
Il invite les jeunes à sortir d’une posture attentiste pour devenir acteurs de leur propre destin : « Le respect ne se quémande pas il se construit par la rigueur, la cohésion et l’initiative. » Il encourage ainsi la création de plateformes autonomes et indépendantes, financées par les jeunes eux-mêmes : « S’ils décidaient simplement de cotiser 50 francs chacun, ils pourraient financer leurs propres voix et reprendre le contrôle de leur avenir. »
Tout en appelant à une alliance intergénérationnelle équilibrée, Dr. Ahmat Yacoub met en garde contre la dépendance vis-à-vis des structures établies : « Tant que les jeunes resteront tributaires des institutions contrôlées par les États ou les aînés, ils risquent d’être instrumentalisés. »
Son message, empreint de lucidité et de réalisme, résonne comme un appel à la responsabilité générationnelle. Dans un continent où la jeunesse incarne l’avenir, l’enjeu n’est plus de savoir si elle peut changer les choses mais comment elle choisira de s’organiser pour le faire.




