Après plus d’un an de retrait, le Soudan a officiellement réintégré l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), organisation régionale chargée notamment de la médiation des conflits en Afrique de l’Est et dans la Corne de l’Afrique. Cette décision marque un tournant diplomatique pour Khartoum, plongé depuis avril 2023 dans une guerre dévastatrice entre l’armée régulière et les Forces de soutien rapide (FSR).
Dans un communiqué, l’IGAD a salué le retour du Soudan au sein de l’organisation, réaffirmant sa volonté de « promouvoir un règlement pacifique du conflit » qui ravage le pays. Pour l’institution régionale, la présence du Soudan à la table des discussions est essentielle pour relancer les efforts de médiation, dans un contexte où les initiatives internationales peinent à obtenir des avancées concrètes sur le terrain.
Le secrétaire exécutif de l’IGAD, Workneh Gebeyehu, a souligné que cette réintégration est « le signe d’une solidarité régionale et d’un engagement en faveur de la paix, de la stabilité et de la coopération ». Un message fort, alors que la guerre soudanaise continue de déstabiliser toute la région, avec des flux massifs de réfugiés vers les pays voisins et des risques accrus d’insécurité transfrontalière.
Un retour après une rupture politique
En janvier 2024, le Conseil souverain du Soudan avait décidé de suspendre l’adhésion du pays à l’IGAD, en réaction à la tenue d’un sommet de l’organisation en Ouganda consacré au conflit soudanais. Les autorités de Khartoum avaient alors accusé l’IGAD de partialité et contesté certaines initiatives diplomatiques jugées défavorables à leur position.
Cette rupture avait fragilisé les mécanismes régionaux de médiation, l’IGAD étant l’un des rares cadres africains capables de réunir autour d’une même table les acteurs régionaux impliqués dans la crise soudanaise. Le retour du Soudan au sein de l’organisation apparaît donc comme un réajustement stratégique, dans un contexte où l’isolement diplomatique pèse lourdement sur un pays déjà affaibli par la guerre et l’effondrement économique.
Quels enjeux pour la suite ?
La réintégration du Soudan à l’IGAD ne signifie pas, à elle seule, une avancée décisive vers la fin du conflit. Toutefois, elle ouvre de nouvelles perspectives pour relancer les efforts de médiation régionale, coordonner l’aide humanitaire et favoriser un cadre de dialogue politique inclusif.
Pour l’IGAD, le défi sera de transformer ce retour diplomatique en actions concrètes sur le terrain : pression accrue pour un cessez-le-feu, facilitation de pourparlers entre les parties belligérantes et implication plus forte des États voisins, directement affectés par la crise. Pour Khartoum, cette réintégration est aussi un signal adressé à la communauté internationale, montrant une volonté de réengager les canaux diplomatiques régionaux, malgré les tensions persistantes.
Dans une région déjà fragilisée par plusieurs foyers d’instabilité, le retour du Soudan au sein de l’IGAD est perçu comme un pas politique important, même si la route vers la paix reste longue et semée d’obstacles.




