Face à la prolifération rapide des drones civils sur son territoire, le Mali a décidé de renforcer leur encadrement juridique. Un nouveau projet de décret, porté par le ministère de la Sécurité et de la Protection civile, a été adopté le 16 janvier dernier en Conseil des ministres. Objectif affiché : mieux contrôler l’acquisition, la détention et l’utilisation de ces appareils devenus omniprésents, tout en prévenant les risques sécuritaires.
Ces dernières années, les drones civils qu’ils soient utilisés à des fins professionnelles, commerciales, agricoles, de loisirs ou de photographie connaissent une expansion fulgurante. Leur succès s’explique notamment par la baisse des coûts, une prise en main de plus en plus accessible et des performances technologiques en constante amélioration. Mais cette démocratisation rapide n’est pas sans poser de sérieux défis, soulignent plusieurs médias.
Sur le plan de la sécurité aérienne, le survol de zones interdites ou sensibles constitue un risque réel. À cela s’ajoutent les préoccupations liées à la protection de la vie privée et des données personnelles, ainsi que les menaces potentielles pour les infrastructures stratégiques, civiles comme militaires.
Cependant, la principale inquiétude des autorités maliennes demeure le possible détournement de ces technologies par des groupes armés. Dans un contexte sécuritaire particulièrement sensible, notamment au Sahel, des drones ont déjà été utilisés à des fins de surveillance illicite, de repérage de positions ou, plus grave encore, pour le transport de charges explosives ou dangereuses. Une dérive technologique qui impose, selon les autorités, une réponse réglementaire ferme et adaptée.
Le nouveau décret vise ainsi à instaurer un cadre légal strict mais équilibré. Il prévoit notamment un encadrement rigoureux de l’acquisition et de la détention des drones, une clarification des obligations des pilotes et opérateurs, ainsi que le renforcement des mécanismes de prévention contre les usages abusifs ou terroristes. Il s’agit également de mieux protéger l’espace aérien national et de garantir la sécurité publique.
Pour autant, le gouvernement malien assure qu’il ne s’agit pas d’une interdiction totale des drones civils. Le texte ambitionne plutôt de promouvoir un usage responsable et contrôlé, permettant de tirer parti des avantages de cette technologie dans des domaines comme l’agriculture de précision, la cartographie, l’audiovisuel ou encore la recherche scientifique, tout en limitant les dérives potentielles.
En adoptant cette nouvelle réglementation, le Mali entend ainsi concilier innovation technologique et impératifs sécuritaires, dans un environnement régional marqué par des menaces persistantes et une vigilance accrue des autorités.




