Le gouvernement du Burkina Faso a annoncé une série de mesures visant à réorganiser le commerce de distribution et à renforcer la protection des acteurs économiques nationaux. Parmi les décisions phares figure l’interdiction des achats dits « bord champ » par des ressortissants étrangers, une pratique qui consiste à acheter directement les productions agricoles auprès des paysans, souvent avant même leur arrivée sur les marchés.
Selon un communiqué officiel rendu public à l’issue du Conseil des ministres, cette mesure poursuit plusieurs objectifs : préserver les emplois locaux, mieux organiser les circuits de commercialisation, protéger les intérêts des producteurs et garantir une concurrence jugée « saine et loyale » sur le marché intérieur.
Protéger les producteurs et structurer les circuits de commercialisation
Dans de nombreuses zones rurales, les achats « bord champ » sont pratiqués par des intermédiaires qui acquièrent les récoltes directement chez les producteurs, parfois à des prix jugés désavantageux pour ces derniers. En limitant cette pratique aux seuls acteurs autorisés, les autorités burkinabè entendent réduire les déséquilibres de pouvoir dans les négociations, sécuriser les revenus des paysans et encourager une meilleure structuration des filières agricoles.
Le gouvernement estime également que cette réforme contribuera à assainir les circuits de distribution, souvent marqués par l’informel, et à renforcer la traçabilité des produits agricoles mis sur le marché.
Le commerce de détail réservé aux nationaux et partenaires africains
Autre mesure importante adoptée par décret : la réservation du commerce de détail aux nationaux, aux ressortissants des pays de la Confédération des États du Sahel ainsi qu’aux citoyens des autres pays africains accordant une réciprocité à Ouagadougou. Cette disposition vise à renforcer l’ancrage local du petit commerce, considéré comme un levier clé d’emplois et de résilience économique.
Pour les autorités, il s’agit d’éviter que certains segments du commerce de détail ne soient dominés par des acteurs extérieurs, au détriment des commerçants locaux, souvent plus vulnérables face à la concurrence.
Un décret pour renforcer la souveraineté alimentaire
L’ensemble de ces mesures s’inscrit dans un décret adopté en Conseil des ministres sur le commerce de distribution. Le texte vise à protéger les acteurs nationaux, garantir une régulation plus efficace du marché intérieur et mieux organiser le commerce de distribution et de détail afin de renforcer la souveraineté alimentaire du pays.
Dans un contexte régional marqué par des tensions économiques et sécuritaires, le Burkina Faso entend ainsi consolider ses capacités internes de production et de commercialisation, tout en favorisant un cadre de concurrence plus équitable. Reste désormais à voir comment ces nouvelles règles seront appliquées sur le terrain et perçues par les différents acteurs économiques concernés.




