Tchad : le ministère de la Santé renforce les capacités des agents publics pour lutter contre la malnutrition

La Direction de l’alimentation et de la nutrition appliquée (DANA) du ministère de la Santé publique et de la Prévention a poursuivi, ce lundi 23 mars 2026, sa série d’ateliers de formation destinés aux fonctionnaires et agents de l’État. Placée sous le thème du renforcement des capacités pour une lutte efficace contre la malnutrition, cette initiative vise à améliorer les compétences des acteurs impliqués dans la nutrition.


La rencontre a rassemblé des participants issus de différentes directions techniques, programmes nationaux, centres spécialisés, ainsi que des délégations sanitaires de N’Djamena. L’équipe du projet FORMAT-NUT a également pris part aux travaux, témoignant de la dimension collaborative de cette initiative.


Prenant la parole, Abdoulaye Hassan, membre du comité d’organisation, a salué la forte mobilisation des participants, estimant qu’elle traduit l’intérêt croissant accordé à la question nutritionnelle. Il a souligné que la nutrition constitue aujourd’hui un levier essentiel du développement économique, au regard de son impact direct sur la santé et la productivité des populations.


Dans son intervention, il a rappelé que le Tchad, à l’instar des autres pays du Sahel, est confronté à un double fardeau de la malnutrition. Ce phénomène représente à la fois un problème majeur de santé publique et un frein au développement socio-économique. Il a également mis en avant l’engagement des plus hautes autorités du pays, notamment celui du président Mahamat Idriss Déby Itno, dans la lutte contre ce fléau.


Les données issues de l’enquête nationale SMART réalisée en 2024 illustrent l’ampleur du défi. La prévalence de la malnutrition aiguë au niveau national s’élève à 10,8 %, un taux supérieur au seuil d’alerte de 10 % fixé par l’Organisation mondiale de la santé. Malgré les efforts du gouvernement et de ses partenaires, la situation demeure préoccupante, notamment dans la bande sahélienne.


Intervenant à son tour, Youssouf Adoum Fadoul a mis en lumière la faiblesse des connaissances relatives aux causes profondes de la malnutrition. Il a expliqué que cette problématique dépasse le seul cadre du secteur de la santé, impliquant également des domaines clés tels que l’agriculture, l’élevage, l’environnement et l’éducation. Selon lui, une approche multisectorielle est indispensable pour apporter des réponses durables.


Il a ainsi insisté sur la nécessité de renforcer les capacités humaines et organisationnelles dans l’ensemble de ces secteurs, afin de favoriser des interventions coordonnées et efficaces. « Les formations académiques et professionnelles sont essentielles pour disposer de ressources humaines qualifiées capables de déployer des actions nutritionnelles à grande échelle », a-t-il indiqué, précisant que le projet FORMAT-NUT associe le ministère de la Santé à celui de l’Enseignement supérieur, en synergie avec d’autres départements et acteurs du secteur.


Cet atelier s’inscrit donc dans une dynamique visant à améliorer la coordination des interventions et à accroître l’efficacité des actions de lutte contre la malnutrition au niveau central comme sur le terrain.


Clôturant son intervention, Youssouf Adoum Fadoul a exhorté les participants à faire preuve d’assiduité et d’engagement afin d’atteindre les objectifs fixés dans les délais impartis. Il a également exprimé la reconnaissance du ministère de la Santé publique et de la Prévention envers ses partenaires, notamment l’Union européenne et le Programme alimentaire mondial, pour leur soutien constant dans la lutte contre la malnutrition et dans la mise en œuvre des politiques de développement socio-économique du pays.

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