La réélection du président Yoweri Museveni en janvier 2026 s’accompagne d’un net durcissement des autorités ougandaises à l’égard des organisations de la société civile, en particulier celles engagées dans la défense des droits humains. Dans un climat politique déjà marqué par des tensions électorales, le gouvernement justifie ces mesures par des soupçons d’ingérence étrangère et d’atteinte à la sécurité nationale.
Selon plusieurs organisations internationales, les autorités ont ordonné la suspension immédiate des activités de plusieurs ONG locales, actives notamment dans l’observation électorale, la défense des libertés civiles et le suivi des violations des droits fondamentaux. Ces décisions, prises par le Bureau national des ONG, s’appuient sur des accusations jugées floues et non étayées, évoquant des activités « préjudiciables aux lois du pays »
Dans le même temps, les autorités ont demandé aux institutions bancaires de geler les comptes des organisations concernées, paralysant de facto leurs opérations. Cette mesure empêche non seulement le financement de leurs activités, mais bloque également le paiement du personnel et des partenaires, accentuant la pression sur ces structures.
Face à cette situation, plusieurs ONG dénoncent une volonté manifeste de réduire au silence les voix critiques, notamment dans un contexte électoral sensible. Des organisations de défense des droits humains estiment que ces restrictions portent gravement atteinte à la liberté d’association et d’expression, déjà fragilisée dans le pays. Elles alertent sur un rétrécissement de l’espace civique et sur les risques pour la démocratie ougandaise.
Ce durcissement intervient alors que les élections générales du 15 janvier 2026, remportées par Yoweri Museveni avec plus de 71 % des voix, ont été entachées d’accusations de répression de l’opposition, d’arrestations massives et de restrictions de l’accès à internet.
Dans ce contexte, la situation des ONG en Ouganda apparaît comme un nouveau point de crispation entre le pouvoir et la société civile, sur fond de préoccupations croissantes quant au respect des libertés fondamentales dans le pays.



