Restitution du patrimoine : la Suisse rend 28 objets au Nigeria, héritage du royaume du Bénin

La question de la restitution des œuvres africaines pillées à l’époque coloniale connaît une nouvelle avancée significative. Trois musées suisses ont décidé de restituer au Nigeria 28 objets emportés lors de l’expédition britannique de 1897 contre le royaume du Bénin, situé dans l’actuel Nigeria.


Les institutions concernées sont le Musée d’ethnographie de Genève, qui restituera trois objets, ainsi que deux musées zurichois, dont le Musée Rietberg. Ces derniers rendront respectivement 14 et 11 pièces, portant le total à 28 artefacts.


La décision a été entérinée par les autorités des villes de Genève et Zurich, en collaboration avec l’Université de Zurich. L’accord de transfert de propriété a été officiellement signé à la mairie de Zurich, en présence d’un représentant du Nigeria, marquant ainsi une étape importante dans le processus de restitution.


Ces objets font partie des célèbres « bronzes du Bénin », pillés lors de l’expédition punitive menée en 1897 par les forces britanniques contre le royaume du Bénin. Depuis plusieurs années, ces œuvres, dispersées dans de nombreux musées occidentaux, sont au cœur de débats internationaux sur la restitution du patrimoine africain.


La restitution annoncée est le fruit de recherches approfondies sur la provenance des œuvres, menées dans le cadre de l’initiative « Bénin – Suisse », lancée en 2021. Ce programme vise à faire la lumière sur l’origine des objets conservés en Suisse et à établir un dialogue avec les autorités nigérianes sur leur avenir.


Cette démarche s’inscrit dans une dynamique plus large observée en Europe, où plusieurs institutions culturelles reconnaissent progressivement les conditions controversées d’acquisition de certaines pièces et s’engagent à les restituer.

Pour le Nigeria, il s’agit d’un pas supplémentaire vers la récupération d’un patrimoine historique et culturel majeur, symbole de son identité et de son histoire.
Au-delà de la restitution matérielle, cette initiative illustre une évolution des mentalités et une volonté croissante de rééquilibrer les relations culturelles entre l’Afrique et l’Occident, longtemps marquées par les séquelles de la colonisation.

Rédacteur en chef
Rédacteur en chef
Articles: 2270

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *