La tension monte dans le sud du Liban, où les autorités libanaises cherchent à éviter un déplacement massif des populations civiles dans les zones frontalières avec Israël. Le ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Raji, a annoncé mardi avoir officiellement demandé au Vatican d’intervenir pour préserver la présence chrétienne dans les villages frontaliers du sud du pays.
Selon un communiqué du ministère, cette requête a été formulée lors d’un entretien téléphonique avec Paul Gallagher, au cours duquel les deux responsables ont évoqué « les développements au Liban et la situation difficile que traversent les villages frontaliers ». Le chef de la diplomatie libanaise a plaidé pour une médiation du Saint-Siège afin d’éviter l’abandon de ces localités à majorité chrétienne, soulignant leur attachement historique à l’État libanais et à ses institutions militaires.
Sur le terrain, la situation demeure préoccupante. Dans la localité frontalière d’Alma al-Shaab, plusieurs habitants ont commencé à quitter leurs maisons en direction de la ville de Tyr, avec l’appui de la Force intérimaire des Nations unies au Liban et de l’armée libanaise. Ces départs font suite à des avertissements israéliens appelant les populations à évacuer la zone.
Les tensions se sont également manifestées dans la ville voisine de Rmeish, où un moukhtar aurait reçu par téléphone une menace attribuée à l’armée israélienne, avertissant que la localité pourrait être bombardée en cas de présence d’éléments du Hezbollah. Parallèlement, l’Autorité israélienne de radiodiffusion a indiqué que Tel-Aviv envisage d’étendre ce qu’elle qualifie de « zone de sécurité tampon » dans le sud du Liban.
Dans ce contexte, Israël affirme avoir lancé une « opération de raid ciblé » visant des positions et infrastructures du Hezbollah dans la région. L’armée israélienne évoque des tirs intensifs et des frappes contre plusieurs objectifs jugés hostiles.
Cette nouvelle escalade s’inscrit dans une crise régionale plus large. Les hostilités se sont étendues au Liban le 2 mars, quelques jours après une offensive majeure menée le 28 février par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Cette opération a provoqué des centaines de morts, dont le guide suprême iranien Ali Khamenei, déclenchant une réaction du Hezbollah qui a intensifié ses attaques contre des positions militaires israéliennes.
Malgré l’accord de cessez-le-feu conclu en novembre 2024, les échanges de frappes se poursuivent. Le 2 mars, Israël a mené de nouvelles attaques aériennes contre la banlieue sud de Beyrouth ainsi que contre plusieurs régions du sud et de l’est du Liban, avant d’engager le lendemain une incursion terrestre limitée dans le sud du pays. Dans ce climat d’escalade, Beyrouth espère désormais que l’intervention diplomatique du Vatican contribuera à freiner les violences et à éviter un nouvel exode des populations civiles.



