L’Action pour la Paix et les Droits Humains au Tchad (APDHT) a vivement réagi au point de presse tenu le 20 février 2026 par le ministre de l’Éducation nationale, dénonçant des propos jugés « arrogants, méprisants et menaçants » à l’endroit des enseignants en grève sous l’égide du Syndicat des Enseignants du Tchad (SET) section de N’Djamena. Dans un communiqué rendu public le 21 février à N’Djamena, l’organisation exprime sa « profonde indignation » face à ce qu’elle considère comme des tentatives d’intimidation.
L’APDHT condamne notamment les menaces de suspension ou de coupure de salaires brandies contre les enseignants mobilisés. Selon l’organisation, de telles déclarations seraient contraires à l’esprit du dialogue social et porteraient atteinte aux principes fondamentaux de liberté syndicale et de droit de grève garantis par la Constitution tchadienne ainsi que par les instruments juridiques internationaux ratifiés par le pays.
Rappelant que la grève, lorsqu’elle est exercée dans le respect de la légalité, constitue un droit légitime dans tout État de droit, l’APDHT estime que la stigmatisation de l’action syndicale ne contribue pas à l’apaisement du climat social. Au contraire, prévient-elle, cela risque d’exacerber les tensions déjà perceptibles dans le secteur éducatif.
L’organisation insiste par ailleurs sur le rôle central de l’enseignant dans la société tchadienne. Elle souligne que les enseignants sont des acteurs clés de la formation des générations futures, des vecteurs de transmission des valeurs civiques et des piliers du développement national. Défendre leurs conditions de travail et leur dignité reviendrait, selon elle, à défendre l’avenir du pays.
Dans cette optique, l’APDHT affiche son soutien à la lutte syndicale menée par le SET en faveur de l’amélioration des conditions de travail et de vie des enseignants. Elle invite le gouvernement à privilégier un dialogue franc, inclusif et respectueux avec les partenaires sociaux. L’organisation interpelle également le Premier ministre afin qu’il recadre les membres du gouvernement dans leurs prises de parole publiques et veille au respect des principes républicains de responsabilité et de retenue.
Pour conclure, l’APDHT réaffirme que seule une approche fondée sur le respect, la concertation et la justice sociale permettra de préserver la paix sociale au Tchad.




