Guéra : le village de Tchalo-zoudou confronté à une pénurie persistante d’eau potable

Situé à une quinzaine de kilomètres à l’ouest de Mongo, dans le canton Dangaléat-Est, sous-préfecture de Bang-Bang, le village de Tchalo-zoudou traverse une crise aiguë liée à l’accès à l’eau potable. Depuis plusieurs années, les habitants font face à une situation devenue préoccupante, mettant en péril leur santé, leur quotidien et l’avenir de leurs enfants.


Avec une population estimée à près de 15 000 habitants, Tchalo-zoudou ne dispose d’aucune source d’eau potable fonctionnelle. Les villageois, tout comme leurs bétails, s’approvisionnent exclusivement dans trois puits ouverts situés entre 3 et 5 kilomètres du village. Chaque jour, les familles parcourent de longues distances pour puiser une eau impropre à la consommation, faute d’alternative.


Dans ce village sahélien, l’accès à l’eau est devenu la priorité absolue de chaque ménage. Dès les premières heures de la journée, femmes et enfants prennent la route vers ces points d’eau rudimentaires. Une corvée quotidienne éprouvante, rendue plus difficile encore par la qualité douteuse de l’eau consommée.


Le chef de village, Azène Abba, explique que l’eau potable est devenue une denrée rare depuis plus de six ans, à la suite de la panne de deux pompes villageoises manuelles qui n’ont jamais été réparées. Il précise que la population dépend désormais entièrement de ces puits ouverts, lesquels s’assèchent généralement vers le mois de mai. À l’arrivée de la saison des pluies, en juin, les habitants consomment également l’eau des ruisseaux, exposant davantage la communauté aux maladies hydriques.


Face à cette situation, le chef du village lance un appel pressant au gouvernement, aux personnes de bonne volonté et aux organisations non gouvernementales afin qu’une solution durable soit trouvée. Pour lui, la réhabilitation des anciennes pompes ou l’installation de nouveaux forages constituerait un soulagement immense pour la population.


Du côté des femmes, la souffrance est encore plus marquée. Représentées par Madame Khadidja Djibrine Gaddoum et Madame Fatimé Alkhali Kantcho, elles soulignent que la pénurie d’eau impacte lourdement leur quotidien. Elles expliquent que la longue distance parcourue chaque jour compromet la scolarisation des filles, souvent mobilisées pour la corvée d’eau. Elles évoquent également des cas d’avortements prématurés liés aux efforts physiques intenses et répétés.


Au nom de toutes les femmes de Tchalo-zoudou, elles lancent un appel de secours pour alléger leur souffrance quotidienne. Pour elles, l’accès à l’eau potable n’est pas seulement une question de confort, mais une urgence sanitaire, sociale et éducative.


À Tchalo-zoudou, l’eau est devenue un combat quotidien. Et sans intervention rapide, la situation risque de s’aggraver davantage dans les mois à venir, accentuant la vulnérabilité d’une population déjà éprouvée.

Rédacteur en chef
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