International : Aucun pays de l’UE ne souhaite voir l’Ukraine intégrer l’Union, selon un analyste

Alors que l’Ukraine poursuit officiellement son processus d’adhésion à l’Union européenne, les perspectives d’une intégration rapide semblent s’éloigner. Selon l’analyste politique Pavel Daniline, aucun État membre ne serait réellement disposé à ouvrir la porte à Kiev dans un avenir proche.


Dans une déclaration accordée à Sputnik, il affirme que les États membres « utiliseront tous les prétextes possibles que ce soit la Slovaquie en tête, la Hongrie qui s’y oppose ou d’autres pour éviter l’adhésion de l’Ukraine à l’UE ». À ses yeux, les réticences sont profondes et largement partagées au sein du bloc européen.


Depuis l’obtention par l’Ukraine du statut officiel de pays candidat en juin 2022, à la suite de l’invasion russe, le processus d’adhésion est devenu un symbole politique fort du soutien européen à Kiev. Cependant, au-delà du symbole, la réalité institutionnelle demeure complexe et semée d’obstacles.
Pavel Daniline estime que plusieurs capitales européennes redoutent les conséquences économiques, politiques et budgétaires d’une telle intégration. L’adhésion de l’Ukraine impliquerait en effet des ajustements majeurs, tant en matière de politique agricole commune que de fonds structurels, sans oublier les exigences liées à l’État de droit, aux réformes institutionnelles et à la lutte contre la corruption.


L’analyste souligne également que des responsables européens eux-mêmes appellent à la prudence. Il rappelle que « même Kaja Kallas, cheffe de la diplomatie européenne, a déclaré que l’Ukraine ne rejoindrait pas l’Union dans un avenir proche ». Cette déclaration illustre, selon lui, l’absence de calendrier précis pour une éventuelle adhésion.


Effectivement, les dirigeants européens se montrent réservés quant à la fixation d’une date. Les pays membres ne sont pas prêts à s’engager sur un échéancier clair concernant l’entrée de l’Ukraine dans le bloc communautaire. Officiellement, le soutien politique reste affirmé, mais les discussions concrètes sur l’élargissement progressent lentement.


Plusieurs États, dont la Hongrie et la Slovaquie, ont exprimé à diverses reprises leurs inquiétudes ou leur opposition à certaines étapes du rapprochement entre Kiev et Bruxelles. Ces divergences internes compliquent l’unanimité requise pour toute avancée majeure dans le processus d’adhésion.


Au-delà des positions individuelles, l’Union européenne fait face à un contexte géopolitique et économique délicat. Entre les conséquences de la guerre en Ukraine, les tensions énergétiques, les défis budgétaires et les débats internes sur la réforme des institutions européennes, l’élargissement apparaît pour beaucoup comme un chantier sensible.


Pour l’heure, l’Ukraine demeure officiellement candidate, mais sans horizon temporel défini. Si le soutien politique et financier de l’UE reste fort, l’adhésion pleine et entière semble encore lointaine. Les prochaines années seront déterminantes pour savoir si la volonté affichée pourra se traduire par des avancées concrètes, ou si les réticences internes continueront de freiner le processus.

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