Le Conseil pays France et Europe du Kwa Na Kwa (KNK) a vivement réagi à l’annonce d’un mandat d’arrêt international émis par la Cour pénale spéciale (CPS) contre son président fondateur, François Bozizé. Dans un communiqué publié le 17 février, le parti dénonce une « justice à deux poids deux mesures » et exprime son indignation face à une décision qu’il juge lourde de conséquences politiques dans un contexte national encore marqué par les tensions liées au changement controversé de la Constitution.
Le KNK estime que le recours à un mandat d’arrêt international, alors que le climat politique demeure fragile, s’apparente à une tentative de déstabilisation de l’opposition et de fragilisation de la confiance dans les institutions. Le parti pointe du doigt ce qu’il qualifie de justice sélective, évoquant notamment le cas du ministre de l’Élevage, Hassan Bouba, arrêté puis relâché, selon lui, à la demande du pouvoir exécutif. « La justice doit être un instrument d’équité et de réconciliation. Elle ne doit jamais devenir le levier d’un affrontement politique », souligne le communiqué, appelant à un dialogue national « sincère, inclusif et équilibré ».
Pour sa part, la CPS poursuit François Bozizé ainsi que plusieurs coaccusés – dont Eugène Barret Ngaïkosset, Vianney Semndiro et Firmin Junior Danboy – dans l’affaire dite « Bossembélé ». Ils sont visés pour crimes contre l’humanité, notamment pour des faits de meurtre, d’emprisonnement, de torture, de disparitions forcées et d’actes inhumains qui auraient été commis entre 2009 et 2013 à Bangui et à Bossembélé. Le KNK appelle la communauté internationale à veiller à l’équité et à la transparence des procédures judiciaires en Centrafrique, alors que cette nouvelle étape judiciaire ravive les clivages sur la scène politique nationale.



