Afrique : Le Mali restructure son secteur minier autour d’une société 100 % publique

Les autorités de la transition au Mali ont validé la création de la Société de patrimoine minier du Mali (SOPAMIM S.A.), une entité détenue à 100 % par l’État, destinée à centraliser et gérer les participations publiques dans les sociétés minières. Cette décision s’inscrit dans la mise en œuvre du nouveau Code minier, qui place la souveraineté nationale et la maîtrise des ressources naturelles au cœur de la politique minière du pays.


Une nouvelle architecture pour le secteur extractif


Avec la SOPAMIM, l’État malien se dote d’un outil institutionnel chargé de représenter ses intérêts dans les différentes sociétés minières opérant sur le territoire. Concrètement, cette société publique aura pour mission de détenir, gérer et valoriser les parts de l’État dans les projets d’exploitation minière, notamment dans l’or, principale ressource extractive du pays.


Jusqu’ici, la participation de l’État dans les entreprises minières était souvent dispersée entre plusieurs structures administratives, ce qui compliquait le suivi, la gouvernance et la transparence des revenus. La création de la SOPAMIM vise à mettre fin à cette dispersion et à renforcer la capacité de l’État à peser dans les décisions stratégiques du secteur.
Souveraineté économique et contrôle des ressources


Le nouveau Code minier, adopté récemment par les autorités, marque un tournant dans la politique extractive du Mali. Il met l’accent sur une plus grande souveraineté nationale sur les ressources naturelles, en renforçant la participation de l’État dans les projets miniers et en révisant certains mécanismes de partage des revenus.


À travers la SOPAMIM, le gouvernement entend mieux contrôler les flux financiers issus de l’exploitation minière, optimiser les retombées économiques pour le budget national et s’assurer que les ressources du sous-sol profitent davantage aux populations. Cette orientation s’inscrit dans une dynamique plus large observée dans plusieurs pays africains, qui cherchent à reprendre la main sur leurs secteurs stratégiques.


Enjeux de gouvernance et de transparence


Si l’initiative est saluée par une partie de l’opinion comme un pas vers la reconquête de la souveraineté économique, elle pose aussi la question de la gouvernance de cette nouvelle société publique. La SOPAMIM devra se doter de mécanismes de gestion transparents, de règles claires de reddition des comptes et de compétences techniques solides pour éviter les dérives souvent reprochées aux entreprises publiques dans la gestion des ressources naturelles.


La crédibilité de la réforme dépendra en grande partie de la capacité des autorités à garantir l’indépendance de la gouvernance de la SOPAMIM, la publication régulière des données financières et la bonne utilisation des revenus issus du secteur minier.


Réactions et attentes des partenaires


La restructuration du secteur minier autour d’une société 100 % publique pourrait susciter des interrogations chez certains investisseurs étrangers déjà présents au Mali. Ces derniers pourraient s’inquiéter d’un durcissement des conditions d’exploitation ou d’un renforcement du contrôle de l’État dans la gouvernance des projets.


Pour les autorités maliennes, l’enjeu est donc de trouver un équilibre entre la défense des intérêts nationaux et le maintien d’un climat attractif pour les investissements, indispensables au développement du secteur minier et à la création d’emplois.


Un tournant stratégique pour l’économie malienne


En créant la SOPAMIM, le Mali amorce un tournant stratégique dans la gestion de son patrimoine minier. L’objectif affiché est clair : reprendre la main sur un secteur clé de l’économie nationale, mieux capter la valeur générée par l’exploitation des ressources naturelles et renforcer l’autonomie financière de l’État.


Reste désormais à voir comment cette réforme sera mise en œuvre concrètement sur le terrain, et si elle parviendra à transformer durablement la gouvernance du secteur minier au Mali au profit du développement national.

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