La Haute Autorité des Médias et de l’Audiovisuel (HAMA) a donné le ton de l’année médiatique ce samedi à travers une double cérémonie marquée par la présentation des vœux du Nouvel An à sa présidente, Mme Halimé Assadya Ali, et un cadre d’échanges approfondis sur les défis et perspectives du secteur de la presse tchadienne. La rencontre a réuni les responsables des organisations professionnelles des médias ainsi que des représentants des organes publics et privés.
Prenant la parole à l’ouverture, le Secrétaire général de la HAMA, Félicien Alladoum Radingaye, a transmis les vœux du personnel et des membres du Collège à la présidente de l’institution. Il a, par la même occasion, dressé un bilan des principales actions menées en 2025, avant de présenter les grandes orientations prévues pour la nouvelle année, axées sur la régulation et la professionnalisation du secteur.
Dans son intervention, Mme Halimé Assadya Ali a tenu à souligner que cette rencontre allait bien au-delà du cérémonial traditionnel des vœux. Elle a invité les acteurs des médias à une introspection collective afin d’évaluer les acquis de l’année écoulée, d’identifier les insuffisances et de définir ensemble des pistes de solutions durables. « Il est temps de restaurer l’autorité journalistique et de rendre à la presse sa dignité », a-t-elle martelé.
La présidente de la HAMA n’a pas éludé les difficultés qui minent le paysage médiatique national. Dressant un constat sans concession, elle a dénoncé le non-respect des textes en vigueur, les manquements au code d’éthique et de déontologie, ainsi que l’instrumentalisation de certains médias à des fins partisanes. Elle a également pointé du doigt la prolifération de comptes privés sur les réseaux sociaux se présentant abusivement comme des organes de presse. Sur les 197 médias recensés en 2025, moins de la moitié fonctionneraient selon des standards professionnels acceptables.
Face à cette situation préoccupante, Mme Halimé Assadya Ali a annoncé la mise en œuvre, dès 2026, d’un plan stratégique triennal couvrant la période 2026-2028. Ce programme vise notamment le renforcement de la gouvernance de la HAMA, l’application rigoureuse des textes, l’assainissement du paysage médiatique et le développement des capacités des professionnels. Les formations prévues intégreront les nouveaux défis technologiques, en particulier ceux liés à l’intelligence artificielle, et concerneront l’ensemble de la chaîne de production de l’information.
Salurant l’appui constant du Président de la République, Mahamat Idriss Déby Itno, ainsi que celui du Gouvernement, la présidente de la HAMA a également annoncé une augmentation de l’aide publique à la presse. Elle a, en outre, révélé le lancement en 2026 du projet de construction de la Maison de la Presse du Tchad, destinée à offrir un cadre structurant aux professionnels des médias.
Mme Halimé Assadya Ali a appelé à un sursaut collectif pour restaurer la crédibilité du journalisme tchadien. Elle a insisté sur la vulgarisation des textes réglementaires, la professionnalisation du secteur et la valorisation de la carte professionnelle comme condition d’exercice, après un moratoire concerté avec les acteurs concernés. « Le journalisme est un métier de responsabilité sociale », a-t-elle rappelé, invitant les médias à redevenir un pilier essentiel de la démocratie tchadienne, fondé sur l’éthique, la rigueur et le respect du public.




