À Madagascar, la justice a franchi une nouvelle étape dans le traitement des violences politiques qui ont secoué le pays à l’automne 2025. L’ancien président du Sénat, Richard Ravalomanana, et la députée Marie Michelle Sahondrarimalala, ex-ministre de l’Éducation nationale, ont été placés sous mandat de dépôt le 19 janvier, à l’issue de leur comparution devant la justice.
Les deux responsables politiques sont poursuivis principalement pour atteinte à la sûreté de l’État, dans un dossier sensible lié aux manifestations de septembre et octobre 2025. Selon la procureure de la République, les poursuites visent des « ordres, consignes et incitations » qui auraient été donnés aux forces de l’ordre afin de recourir à la force contre des manifestants mobilisés dans plusieurs villes du pays.
Richard Ravalomanana fait face à des accusations particulièrement lourdes. Outre l’atteinte à la sûreté de l’État, il est mis en cause pour complicité d’homicide volontaire ainsi que pour coups et blessures volontaires, en lien avec la répression des manifestations qui avaient fait plusieurs victimes. Les autorités judiciaires estiment que son rôle aurait été déterminant dans la chaîne de commandement ayant conduit à l’usage excessif de la force.
De son côté, Marie Michelle Sahondrarimalala est accusée d’avoir participé au financement et à l’organisation de troubles à l’ordre public. La justice lui reproche, ainsi qu’à douze autres personnes placées sous contrôle judiciaire, d’avoir distribué de l’argent dans le but de provoquer des troubles et de déstabiliser le pays. Les faits qui lui sont imputés remonteraient au mois d’octobre 2025, en pleine montée des tensions politiques.
Ces arrestations touchent deux figures politiques connues pour leur proximité avec l’ancien président Andry Rajoelina. Elles interviennent dans un contexte de profonde crise politique, déclenchée par les manifestations de la « Gen Z » à partir de fin septembre 2025. Ce mouvement de contestation, marqué par une mobilisation massive de jeunes, avait entraîné la chute d’Andry Rajoelina et l’arrivée au pouvoir du colonel Michaël Randrianirina.
Alors que les nouvelles autorités affirment vouloir rompre avec l’impunité et rétablir l’État de droit, ces placements en détention provisoire confirment la volonté affichée de faire la lumière sur les responsabilités politiques et sécuritaires dans les violences de 2025. Les procédures judiciaires en cours seront suivies de près, tant par la classe politique que par une population encore marquée par plusieurs mois de tensions et d’instabilité.




