Après trois campagnes marquées par une baisse continue, la filière cotonnière burkinabè amorce un net redressement. Pour la campagne 2025/2026, le Burkina Faso, l’un des principaux producteurs de coton d’Afrique de l’Ouest, s’attend à une production de coton graine estimée à 336.812 tonnes, contre 292.660 tonnes lors de la campagne 2024/2025, soit une progression d’environ 15 %.
Ce regain de dynamisme s’explique d’abord par l’augmentation des surfaces emblavées, en hausse de 13 %. Les producteurs, encouragés par de meilleures perspectives de rendement et par les efforts d’accompagnement technique, ont accru les superficies dédiées à cette culture stratégique pour l’économie nationale. À cela s’ajoute une amélioration notable des rendements, attendus à 861 kilogrammes par hectare, portée par une utilisation plus efficiente des engrais et une meilleure maîtrise des itinéraires techniques.
Ces données sont issues des dernières estimations du Programme régional de production intégrée du coton en Afrique, publiées en janvier, qui confirment un retournement de tendance pour le secteur après une période difficile.
Car ce rebond intervient après une chute sévère de la production, estimée à près de 44 % par rapport au pic de 519.000 tonnes atteint lors de la campagne 2021/2022. Cette contre-performance avait été largement attribuée à la dégradation de la situation sécuritaire dans certaines zones de production, mais aussi aux aléas climatiques, notamment l’irrégularité des pluies, qui avaient fortement affecté les rendements.
Sur le plan régional, cette reprise pourrait repositionner le Burkina Faso dans le classement des producteurs de coton de la zone CFA. Le pays est en effet susceptible de ravir la troisième place, derrière le Bénin et le Mali, en profitant du recul annoncé en Côte d’Ivoire, où la production devrait chuter de 11 %, à environ 317.000 tonnes. Cette baisse ivoirienne serait liée à une pluviométrie déficitaire observée en octobre 2025, selon la presse spécialisée.
Si les prévisions se confirment, la campagne 2025/2026 marquerait ainsi une étape importante dans la relance de la filière cotonnière burkinabè, pilier de revenus pour des centaines de milliers de producteurs et secteur clé pour les exportations du pays. Reste toutefois à consolider cette dynamique dans un contexte toujours marqué par des défis sécuritaires et climatiques persistants.




