Alors que le sud du Tchad est secoué depuis plusieurs jours par des affrontements armés meurtriers, la réaction et l’analyse du Dr Brahim Oguelemi viennent relancer le débat sur la nature réelle de la crise et sur les choix opérés par les autorités pour y répondre. Pour cet analyste, la spirale de violence observée dans la région, notamment dans la province du Moyen-Chari, ne saurait être réduite à une simple question de banditisme armé.
Dans une contribution largement relayée, Dr Brahim Oguelemi estime que les combats opposant des groupes rebelles aux forces gouvernementales traduisent avant tout « l’échec persistant du pouvoir à traiter des crises fondamentalement politiques et sociales autrement que par la force militaire ». Une approche qu’il juge non seulement inefficace, mais aussi lourde de conséquences humaines pour des populations déjà fragilisées par des années d’insécurité et de marginalisation.
Selon lui, la genèse des mouvements armés actifs dans le sud du pays s’inscrit dans un contexte plus large, marqué par l’accumulation de frustrations, d’exclusions et d’injustices. « Ces dynamiques ne relèvent pas du banditisme, mais d’un malaise profond, enraciné dans des revendications politiques et sociales longtemps ignorées », souligne-t-il.
L’analyste s’attarde particulièrement sur le communiqué publié le 14 janvier 2026 par l’État-Major Général des Armées, qui évoque, dans la sous-préfecture de Korbol, l’existence de « bandits armés » infligeant des pratiques humiliantes et dégradantes à des citoyens. Une version officielle que Dr Oguelemi remet ouvertement en cause. Il s’interroge sur l’absence de témoignages publics ou de dénonciations émanant des populations locales, pourtant présentées comme victimes de ces exactions.
« Aucun citoyen n’a, à ce jour, confirmé de telles pratiques. Cette narration relève davantage d’une stratégie de disqualification que d’une description fidèle de la réalité », affirme-t-il, estimant que la qualification systématique des groupes armés comme de simples criminels sert à occulter les causes profondes du conflit.
Pour Dr Brahim Oguelemi, assimiler des mouvements porteurs de revendications politiques à des bandes de bandits constitue une impasse dangereuse. Une telle approche, selon lui, trompe l’opinion nationale et internationale, retarde l’ouverture d’un dialogue sincère et compromet toute perspective de paix durable dans le sud du Tchad.
Cette analyste appelle implicitement à un changement de paradigme dans la gestion des crises sécuritaires, plaidant pour des réponses politiques inclusives plutôt que pour une militarisation systématique des conflits. Il a par ailleurs exprimé ses condoléances aux familles des victimes et souhaité un prompt rétablissement aux blessés, rappelant que le coût humain de ces affrontements demeure, une fois encore, trop lourd pour les populations civiles.



