L’annonce de nouvelles coupes budgétaires des États-Unis à l’endroit de plusieurs agences des Nations unies suscite une vive inquiétude au sein de l’Union africaine (UA). Dans un contexte international déjà marqué par de multiples crises, cette décision de Washington risque d’affecter directement des programmes essentiels pour la paix, la santé, l’éducation et le développement sur le continent africain.
Face à cette situation, le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a exprimé une préoccupation claire mais mesurée. Tout en soulignant les risques que ce désengagement fait peser sur de nombreux pays africains, il a tenu à réaffirmer la volonté de l’UA de maintenir un partenariat actif avec les États-Unis. Pour lui, la réponse à ces tensions financières ne peut être la rupture, mais plutôt « un dialogue constructif » fondé sur la compréhension mutuelle et la recherche de solutions communes.
Les financements américains jouent en effet un rôle déterminant dans plusieurs dispositifs onusiens présents en Afrique, qu’il s’agisse de l’aide humanitaire, de la lutte contre les pandémies, de l’appui aux réfugiés ou du soutien aux processus de paix. Une réduction brutale de ces ressources pourrait fragiliser des millions de bénéficiaires et remettre en cause des acquis patiemment construits au fil des années.
Dans ce contexte, Mahmoud Ali Youssouf plaide pour un ordre mondial plus équilibré et plus solidaire. Il estime que la communauté internationale doit assumer une responsabilité collective dans la préservation des efforts de développement, en particulier dans les régions les plus vulnérables. « L’Afrique ne peut pas être laissée seule face à des défis qui dépassent largement ses frontières », a-t-il souligné, rappelant que les crises sécuritaires, sanitaires ou climatiques ont des répercussions bien au-delà du continent.
L’Union africaine insiste également sur la nécessité de diversifier les partenariats et les sources de financement, afin de réduire la dépendance à un seul acteur. Toutefois, elle ne souhaite pas que cette évolution se traduise par un affaiblissement du multilatéralisme. Au contraire, l’UA voit dans la coopération internationale, et notamment dans le système des Nations unies, un pilier essentiel de la stabilité et du progrès.
En appelant à un dialogue ouvert avec Washington, l’Union africaine cherche ainsi à préserver un partenariat historique tout en défendant les intérêts du continent. L’enjeu dépasse la seule question budgétaire : il s’agit de maintenir une vision partagée d’un monde fondé sur la solidarité, la responsabilité et le respect des engagements pris envers les peuples les plus vulnérables.
À l’heure où les équilibres géopolitiques évoluent rapidement, la prise de position de l’UA apparaît comme un signal fort : l’Afrique entend rester un acteur engagé du multilatéralisme et plaide pour une coopération internationale capable de garantir la continuité des efforts de développement et de paix.



