À la sortie sud de Bangui, le pont PK9 continue de cristalliser les préoccupations des riverains et des usagers. Si les travaux de réhabilitation récemment menés par la mission russe ont permis une amélioration visible de l’ouvrage, ils n’ont pas suffi à apaiser toutes les inquiétudes. Sur place, un nombre croissant de citoyens plaide désormais pour la construction d’un nouveau pont, jugé plus sûr et durable.
Tout au long de la journée, véhicules et motos s’y croisent dans un flux ininterrompu. Les garde-fous repeints en blanc et certaines parties consolidées témoignent des efforts entrepris. Mais derrière cette apparence rénovée, des fissures persistantes restent visibles sur la structure, rappelant l’âge avancé de l’infrastructure et alimentant les doutes sur sa capacité à résister à long terme.
Pour de nombreux usagers, la réhabilitation constitue certes un soulagement, mais elle demeure insuffisante. « Les travaux ont aidé, on ne peut pas le nier. Mais ce pont est vieux et fragilisé depuis des années. Il faut penser à un nouvel ouvrage », estime un habitant du secteur. Un autre renchérit : « Cela fait plus de vingt ans que le pont se dégrade. Réparer ne suffit plus, il faut construire un pont neuf pour garantir la sécurité. »
Ces témoignages traduisent un sentiment partagé : la peur d’un accident majeur en cas de surcharge ou de fortes intempéries. Dans une zone stratégique reliant Bangui à l’arrière-pays, le pont PK9 joue un rôle clé pour la mobilité des personnes et le transport des marchandises. Sa vulnérabilité représente donc un risque à la fois humain et économique.
La situation met en lumière une opinion publique divisée. D’un côté, certains saluent l’appui de la mission russe et les améliorations apportées. De l’autre, une frange importante de la population estime que ces travaux ne constituent qu’une solution temporaire et appelle les autorités à investir dans une infrastructure moderne et pérenne.
Au-delà des divergences, un constat fait consensus : le besoin urgent d’un ouvrage fiable, capable de répondre durablement aux exigences de sécurité routière. À Bangui, le débat autour du pont PK9 dépasse désormais la simple réhabilitation pour poser la question plus large de la modernisation des infrastructures publiques en Centrafrique.




