Le gouvernement somalien a annoncé, lundi, l’annulation de plusieurs accords de sécurité et de défense conclus avec les Émirats arabes unis (EAU), une décision majeure qui marque un tournant dans les relations entre Mogadiscio et Abou Dhabi. Ces accords concernaient notamment la coopération autour de ports stratégiques du pays, au cœur des enjeux sécuritaires et économiques de la Somalie.
Dans un communiqué publié par le bureau du Premier ministre, les autorités somaliennes justifient cette décision par l’existence de « rapports et de preuves solides » faisant état d’actes jugés illicites et portant atteinte à la souveraineté, à l’unité nationale et à l’indépendance politique du pays. Sans entrer dans les détails, le gouvernement affirme que ces actions remettent en cause les fondements mêmes de l’autorité de l’État somalien.
Réunis en Conseil des ministres, les membres du gouvernement ont ainsi convenu de mettre fin à l’ensemble des accords et arrangements de coopération relatifs aux ports de Berbera, Bosaso et Kismayo, considérés comme des infrastructures stratégiques tant sur le plan économique que sécuritaire. Ces ports jouent un rôle clé dans le commerce maritime, la sécurité côtière et la stabilité régionale.
Parallèlement à cette rupture, le Conseil des ministres a approuvé deux projets de loi d’importance : l’un portant sur la protection de la souveraineté et de l’unité territoriale de la Somalie, l’autre relatif à l’arbitrage. Selon le bureau du Premier ministre, le projet de loi sur la souveraineté vise à renforcer le contrôle de l’État fédéral sur les accords internationaux.
Ce texte prévoit notamment d’interdire aux administrations régionales et aux entités privées de conclure des accords avec des parties étrangères sans notification préalable, approbation du gouvernement fédéral et supervision du ministère compétent. À travers cette mesure, les autorités somaliennes entendent réaffirmer la primauté de l’État central dans la conduite des affaires extérieures et prévenir toute initiative susceptible de fragiliser l’unité nationale.




