Alors que l’économie mondiale reste marquée par les tensions géopolitiques, le ralentissement du commerce international et la persistance de pressions inflationnistes, le continent africain devrait afficher une performance relativement solide en 2026. Selon un rapport des Nations unies, l’Afrique est attendue à une croissance économique moyenne de 4 %, un rythme supérieur à la moyenne mondiale, traduisant la résilience progressive de nombreuses économies africaines.
Cette projection intervient dans un contexte où les pays en développement, et particulièrement ceux d’Afrique, subissent de plein fouet les effets combinés de la hausse des taux d’intérêt, de la volatilité des prix des matières premières et de l’endettement croissant. Pourtant, l’ONU souligne que plusieurs économies africaines continuent de bénéficier d’une demande intérieure dynamique, d’investissements dans les infrastructures et de la reprise de certains secteurs clés comme l’agriculture, les télécommunications et les services.
Une croissance inégale selon les régions
Derrière cette moyenne continentale encourageante se cache toutefois une réalité beaucoup plus contrastée. Le rapport de l’ONU met en évidence des performances variables selon les sous-régions. L’Afrique de l’Est et certaines parties de l’Afrique de l’Ouest devraient enregistrer des taux de croissance supérieurs à la moyenne, portées par des investissements publics, la modernisation de l’agriculture et le développement des services. En revanche, plusieurs pays d’Afrique centrale et d’Afrique australe pourraient connaître une croissance plus modérée, pénalisés par une faible diversification économique et une dépendance persistante aux exportations de matières premières.
Les pays exportateurs de pétrole et de minerais restent particulièrement vulnérables aux fluctuations des marchés mondiaux. Une baisse des prix ou un ralentissement de la demande internationale peut rapidement affecter leurs recettes budgétaires, leur balance commerciale et leur capacité à financer les politiques publiques.
Le poids de la dette, principal frein
Malgré les perspectives favorables, l’ONU alerte sur un obstacle majeur : la dette. Dans de nombreux pays africains, le service de la dette absorbe une part de plus en plus importante des ressources publiques. Cela réduit considérablement la capacité des États à investir dans les secteurs productifs, les infrastructures, l’éducation ou la santé, pourtant essentiels pour soutenir une croissance durable.
La faiblesse de la marge budgétaire constitue également une contrainte sérieuse. Avec des recettes fiscales limitées et des charges financières élevées, plusieurs gouvernements disposent de peu de leviers pour stimuler leur économie ou amortir les chocs extérieurs. Cette situation fragilise les efforts de développement et complique la mise en œuvre de politiques de transformation économique.
Des opportunités à consolider
Pour les Nations unies, l’enjeu principal pour l’Afrique ne réside pas seulement dans la croissance, mais dans sa qualité. Une croissance de 4 % peut être un signal positif, mais elle ne sera réellement bénéfique que si elle s’accompagne de création d’emplois, de réduction de la pauvreté et d’une meilleure inclusion économique.
Le rapport appelle ainsi à renforcer la mobilisation des ressources intérieures, à améliorer la gouvernance économique et à favoriser les investissements productifs, notamment dans l’industrialisation, l’agro-industrie et les énergies renouvelables. Ces secteurs sont considérés comme des moteurs capables de réduire la dépendance aux matières premières et de rendre les économies africaines plus résilientes face aux chocs mondiaux.
À l’horizon 2026, l’Afrique se trouve donc à un tournant. Si les prévisions de croissance sont encourageantes, leur concrétisation dépendra largement de la capacité des États à maîtriser leur endettement, à élargir leur base fiscale et à orienter les investissements vers des secteurs à fort impact. Dans un monde incertain, la stabilité et la transformation structurelle restent les clés d’une prospérité durable pour le continent.




