Au moins une trentaine de personnes ont été tuées et plusieurs autres enlevées lors d’une attaque armée contre un marché rural dans le centre du Nigeria, ont annoncé les autorités policières dimanche. Les faits se sont produits samedi en fin d’après-midi au marché de Daji, situé dans le village de Demo, dans l’État du Niger.
Selon le porte-parole de la police locale, Wasiu Abiodun, cité par des médias internationaux, des hommes armés ont fait irruption sur le marché vers 16h30, ouvrant le feu sur les commerçants et les clients avant d’incendier plusieurs étals. Les assaillants auraient également emporté des denrées alimentaires et kidnappé des civils. « Plus de 30 victimes ont perdu la vie et certaines personnes ont été enlevées. Des efforts sont en cours pour retrouver les victimes kidnappées », a déclaré la police.
Des témoins affirment que les assaillants sont arrivés à moto, une méthode fréquemment utilisée lors des attaques dans les zones rurales du nord et du centre du pays. Dauda Shakulle, blessé alors qu’il tentait de fuir, a confié que femmes et enfants n’avaient pas été épargnés. Il a également dénoncé l’absence de forces de sécurité au moment des faits, précisant que les habitants procédaient eux-mêmes au recensement des corps.
Cette attaque s’inscrit dans un contexte sécuritaire particulièrement dégradé. Des raids similaires ont été signalés ces derniers jours dans des localités voisines, notamment à Agwarra et Borgu. Le Nigeria fait face depuis plusieurs mois à une recrudescence des violences armées et des enlèvements de masse, touchant aussi bien les marchés que les établissements scolaires.
Récemment, des dizaines d’élèves et d’enseignants avaient été enlevés dans l’État du Niger avant d’être relâchés après plusieurs jours de captivité, illustrant la vulnérabilité persistante des populations civiles. Selon les Nations unies, l’insécurité grandissante contribue également à une aggravation de la crise alimentaire, avec près de 35 millions de personnes menacées d’insécurité alimentaire sévère durant la période de soudure de 2026.
Face à cette situation, les appels se multiplient pour un renforcement urgent de la présence sécuritaire et des mesures de protection des civils dans les zones rurales, régulièrement ciblées par des groupes armés encore mal identifiés.




