Après plusieurs années marquées par l’incertitude macroéconomique et la prudence des investisseurs, le Nigeria semble amorcer un tournant décisif. Au troisième trimestre 2025, la première économie d’Afrique a enregistré une forte progression des investissements directs étrangers (IDE), confirmant un regain de confiance envers son marché financier et son environnement économique.
Selon les données publiées par la Banque centrale du Nigeria (CBN), les investissements directs étrangers ont bondi de 26,3 % entre juillet et septembre 2025 pour atteindre 720 millions de dollars. Comparée au trimestre précédent, cette hausse est encore plus spectaculaire, avec une progression estimée à près de 700 %, traduisant un retour marqué des capitaux étrangers après une période de forte frilosité.
Cette dynamique positive est portée, selon la CBN, par un intérêt renouvelé des investisseurs non-résidents pour les actifs nigérians, notamment sur les marchés financiers locaux. Elle reflète également une amélioration progressive des perspectives économiques, dans un contexte de réformes visant à stabiliser le cadre macroéconomique et à renforcer la crédibilité financière du pays.
Parallèlement, la balance des paiements du Nigeria affiche un excédent global de 4,6 milliards de dollars, dont 3,42 milliards pour le compte courant. Cette performance est principalement soutenue par la vigueur des exportations de pétrole brut, évaluées à 8,45 milliards de dollars, ainsi que par une baisse significative des importations de carburants raffinés, conséquence des efforts de relance de la capacité de raffinage locale.
Les réserves extérieures du pays ont également suivi cette tendance haussière. Elles ont atteint 42,77 milliards de dollars à la fin du mois de septembre 2025, offrant à l’État nigérian une marge de manœuvre plus confortable pour faire face aux chocs externes et soutenir la stabilité du naira.
Ces indicateurs macroéconomiques confirment un rebond significatif de l’économie nigériane, après une longue période marquée par la faiblesse des investissements étrangers, la volatilité des recettes pétrolières et des risques macroéconomiques élevés. S’ils se confirment dans la durée, ces signaux positifs pourraient repositionner le Nigeria comme une destination attractive pour les capitaux internationaux et renforcer son rôle de moteur économique en Afrique de l’Ouest.
Toutefois, les analystes soulignent que la consolidation de cette reprise dépendra de la poursuite des réformes structurelles, de l’amélioration du climat des affaires et de la capacité des autorités à maintenir la stabilité économique et financière dans un environnement mondial encore incertain.




