Soudan : Al-Burhan promet la victoire militaire tout en laissant ouverte la voie de la réconciliation

À l’occasion du 70ᵉ anniversaire de l’indépendance du Soudan, le président du Conseil de souveraineté transitoire, le général Abdel Fattah al-Burhan, a affiché jeudi un discours mêlant fermeté militaire et appel à l’unité nationale. Alors que le pays reste plongé dans une guerre dévastatrice contre les Forces de soutien rapide (FSR), le chef de l’armée soudanaise a assuré que la victoire était proche, tout en réaffirmant sa volonté d’ouvrir la porte à une réconciliation nationale inclusive.

« Nous rassurons notre peuple, partout, que la victoire arrive et qu’elle appartiendra au peuple soudanais », a déclaré Abdel Fattah al-Burhan dans une allocution officielle, rapportée par l’agence de presse SUNA. Un message destiné à renforcer le moral des populations, durement éprouvées par près de trois années de conflit armé.

Dans le même temps, le président du Conseil de souveraineté a tenu à tempérer son discours martial en soulignant que « la porte de la réconciliation nationale reste ouverte ». Selon lui, la guerre aurait paradoxalement contribué à unir les Soudanais et à renforcer leur détermination collective face à l’adversité.

S’adressant particulièrement aux habitants des régions du Darfour et du Kordofan, théâtres de combats intenses ces dernières semaines, Abdel Fattah al-Burhan a assuré que l’issue du conflit était imminente. Il a également salué le soutien des forces politiques alliées à l’armée, tout en appelant l’ensemble des acteurs nationaux désireux de rejoindre le processus à s’engager sur la voie de la réconciliation.

Depuis avril 2023, le Soudan est ravagé par un affrontement sanglant entre l’armée régulière et les FSR, un conflit qui a causé la mort de milliers de personnes et provoqué le déplacement de millions d’autres, plongeant le pays dans l’une des pires crises humanitaires de la région.

Sur le terrain, la situation demeure extrêmement volatile. Les trois États du Kordofan — Nord, Ouest et Sud, ont récemment connu une recrudescence des violences, contraignant des dizaines de milliers de civils à fuir leurs foyers. À l’échelle nationale, les FSR contrôlent désormais l’ensemble des cinq États de la région du Darfour, à l’exception de certaines zones du nord du Darfour encore tenues par l’armée. Cette dernière conserve toutefois la majorité des territoires dans les 13 autres États du pays, au sud, au nord, à l’est et au centre, y compris la capitale, Khartoum.

Malgré les assurances affichées par le pouvoir militaire, la promesse d’une victoire prochaine et d’une réconciliation nationale reste suspendue à l’évolution d’un conflit dont l’issue demeure incertaine et lourdement conditionnée par la réalité du terrain.

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