En ce début d’année 2026, un message fort, à la fois empreint d’espoir et de gravité, secoue la province du Chari-Baguirmi. Son auteur, Abdelkadre Djibia, coordinateur du Collectif des organisations des jeunes du Chari-Baguirmi, dresse un réquisitoire sans concession contre la gouvernance locale tout en appelant à une prise de conscience citoyenne.
Dans une adresse solennelle aux parents, aînés, cadres, jeunes et femmes de la province, Abdelkadre Djibia invite d’abord à l’introspection. « Une nouvelle année, une nouvelle chance », écrit-il, avant de poser une question centrale : qu’avons-nous fait de notre province et que voulons-nous en faire demain ? Un interrogatoire collectif qui sert de fil conducteur à un message où se mêlent douleur, colère et espoir.
Le coordinateur du collectif des jeunes dénonce avec vigueur les maux qui, selon lui, minent le Chari-Baguirmi depuis des années : favoritisme, corruption, manipulation des consciences et abandon des valeurs de justice sociale et de mérite. Il pointe particulièrement la gestion des ressources naturelles, notamment pétrolières. « Nos terres sont vendues au kilomètre, notre pétrole enrichit les autres pendant que nos enfants cherchent à survivre », regrette-t-il, accusant un « petit groupe » d’avoir confisqué et dilapidé les 5 % de revenus pétroliers destinés au développement local.
L’absence d’infrastructures de base est également au cœur de son plaidoyer. Routes inexistantes ou dégradées, hôpitaux insuffisants, écoles en ruine, enseignants absents : pour Abdelkadre Djibia, la jeunesse du Chari-Baguirmi paie le prix fort d’années de mauvaise gouvernance. Même les mécanismes censés impulser le développement local, comme le Conseil provincial ou le comité de gestion des 5 %, sont jugés « décevants », voire inefficaces.
Mais loin de se limiter à une dénonciation, le message se veut aussi un appel à l’action. Pour 2026, l’auteur plaide pour un sursaut moral et citoyen. Il exhorte les populations à dépasser les calculs personnels et les loyautés aveugles, et à défendre des principes plutôt que des individus. « Rien n’est éternel : ni le pouvoir, ni l’injustice », rappelle-t-il, convaincu que l’histoire finira par juger chacun à l’aune de son engagement pour le bien commun.
S’adressant directement à la jeunesse, Abdelkadre Djibia l’invite à refuser la fatalité et à devenir l’actrice principale du changement. L’objectif affiché est clair : bâtir un héritage digne, afin que les générations futures puissent être fières de celles d’aujourd’hui.
Ce message de vœux, largement relayé sous le slogan « La voix du Chari-Baguirmi », résonne comme un cri du cœur et un appel à la mobilisation générale. À l’aube de 2026, il rappelle que la paix, la justice et la dignité ne sont pas de simples mots, mais des combats quotidiens pour tout un peuple.



