Le Tchad franchit une étape importante dans sa coopération avec le Fonds monétaire international (FMI). Le 20 décembre 2025, le chef de mission du FMI au Tchad, Julien Reynaud, a présenté, par visioconférence depuis les États-Unis, les conclusions de la première revue du programme soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC). Selon le responsable du FMI, les autorités tchadiennes ont globalement atteint les objectifs fixés, tant sur le plan quantitatif que sur celui des réformes structurelles, ouvrant ainsi la voie à une transmission favorable du rapport au siège de l’institution à Washington.
Sur le plan macroéconomique, le FMI salue une performance jugée encourageante, avec une croissance estimée à 5 % en 2025. Cette dynamique est portée, entre autres, par une bonne campagne agricole, les efforts statistiques de l’Institut national de la statistique, des études économiques et démographiques (INSEED), ainsi qu’un regain d’intérêt des investisseurs privés. Le Programme national de développement (PND), évalué à environ 650 millions de dollars sur une période de quatre ans, bénéficie de l’appui technique et financier du FMI, avec des revues semestrielles destinées à en suivre la mise en œuvre.
Malgré ces avancées, Julien Reynaud a souligné l’existence de risques importants susceptibles de peser sur les perspectives économiques du pays. La forte dépendance aux revenus pétroliers, la volatilité des cours internationaux, les chocs climatiques récurrents et les défis sécuritaires constituent autant de facteurs de vulnérabilité. Face à ces contraintes, le FMI recommande un renforcement des recettes non pétrolières, une meilleure maîtrise des dépenses publiques et une amélioration de la gouvernance, afin de dégager davantage de marges budgétaires pour les secteurs prioritaires, notamment la santé, l’éducation et les infrastructures.
La mission du FMI a également pris en compte le poids économique et social de l’accueil de près de cinq millions de réfugiés, une situation qui exerce une pression notable sur les prix des denrées alimentaires. Elle a toutefois relevé les efforts engagés par le gouvernement en matière de digitalisation, de modernisation de la gestion budgétaire et de transparence des finances publiques.
Intervenant lors de la même rencontre, le Secrétaire d’État aux Finances, Ali Djadda Kampard, a mis en avant les progrès économiques et macroéconomiques réalisés, tout en réaffirmant l’engagement des autorités à poursuivre les réformes convenues avec le FMI. Une trajectoire que les partenaires techniques et financiers suivront de près lors des prochaines revues du programme.




