Une nouvelle charge vient d’être portée contre la France et la société française Orano. Le Front Révolutionnaire pour la Souveraineté de l’Afrique (FRSA) a appelé les autorités nigériennes à engager des poursuites pour ce qu’il qualifie de “crimes commis au Niger depuis la colonisation”, mettant particulièrement en cause les activités d’Orano dans le secteur de l’uranium.
Dans un communiqué incisif, le FRSA accuse le géant français du nucléaire d’avoir stocké illégalement des matières radioactives sur le territoire nigérien. “Nous demandons à l’État du Niger la création d’un tribunal spécial pour juger les crimes commis par Orano et au-delà tous les crimes français au Niger depuis la colonisation. Nous encourageons l’État à ne pas céder aux menaces de juridictions mafieuses, coloniales et impérialistes”, affirme l’organisation, qui réclame un traitement strictement souverain de cette affaire.
400 barils de matières radioactives en cause
Ces accusations interviennent alors que, plus tôt, le ministre nigérien de la Justice, Alio Daouda, avait publiquement mis en cause Orano, affirmant que la société était responsable du stockage inapproprié de 400 barils de matières radioactives. Une affaire qui a provoqué l’indignation d’une partie de l’opinion et relancé le débat sur l’héritage des activités minières françaises dans le pays.
En juin dernier, le gouvernement nigérien avait d’ailleurs procédé à la nationalisation d’une filiale d’Orano, décision immédiatement contestée par l’entreprise devant les tribunaux internationaux. L’épisode avait été interprété comme un tournant dans les relations entre Niamey et le groupe français, historiquement dominant dans l’exploitation de l’uranium nigérien.
Vers une justice rendue sur le sol nigérien ?
Le Front Révolutionnaire pour la Souveraineté de l’Afrique souhaite désormais que cette confrontation prenne un tournant judiciaire clair. L’organisation demande que les dirigeants d’Orano soient jugés sur le sol nigérien, et cela pour des faits qualifiés de “crimes contre l’humanité” en lien avec les risques environnementaux et sanitaires induits par la mauvaise gestion des matières radioactives.
Cette requête s’inscrit dans un contexte régional marqué par une montée des discours souverainistes et une volonté de plusieurs pays sahéliens de revoir les relations historiques avec la France. Pour l’heure, Orano n’a pas encore réagi aux nouvelles accusations, mais l’entreprise a constamment rejeté les griefs formulés par les autorités nigériennes depuis plusieurs mois.
L’affaire pourrait désormais devenir un test majeur pour la nouvelle orientation politique du Niger, déterminé à réaffirmer sa souveraineté tout en cherchant à redéfinir les termes de ses partenariats internationaux.




