La Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC) a donné le coup d’envoi, ce jeudi 27 novembre 2025 à Yaoundé, du Symposium des Gouverneurs de l’Association des Banques Centrales Africaines (ABCA), un rendez-vous stratégique placé sous le haut patronage du président camerounais, Paul Biya. Cette rencontre de haut niveau, organisée dans le cadre des 47ᵉ Réunions Annuelles de l’ABCA, réunit les gouverneurs des banques centrales africaines, des représentants de l’Union africaine ainsi que plusieurs institutions régionales et internationales.
Axé sur le thème « Changement climatique et stabilité macroéconomique : rôle des Banques Centrales », le symposium ambitionne de repositionner les institutions monétaires africaines au cœur des enjeux climatiques, dans un contexte où les chocs environnementaux pèsent de plus en plus sur la croissance, l’inflation et la solidité des systèmes financiers du continent.
Dans son allocution d’ouverture, le gouverneur de la BEAC, Yvon Sana Bangui, a dressé un tableau sans concession des défis auxquels font face les économies africaines. Selon lui, les risques climatiques « affectent directement nos économies, nos systèmes financiers et la stabilité de nos États », appelant ainsi à une intégration urgente de ces paramètres dans les politiques monétaires et les dispositifs de supervision bancaire.
La présidente de l’ABCA, Dr Priscilla Muthoora Thakoor, a pour sa part insisté sur la nécessité d’adapter les outils d’analyse macroéconomique aux réalités climatiques africaines. Elle a invité les banques centrales à « développer des modèles macroéconomiques mieux adaptés aux réalités climatiques », soulignant que l’évolution du climat ne constitue plus seulement un défi environnemental, mais un facteur déterminant pour la stabilité économique et financière.
Représentant l’Union africaine, Francisca Tatchouop Belobe a rappelé la forte vulnérabilité du continent face aux chocs climatiques. Elle a plaidé pour « une voix africaine unifiée » dans les négociations internationales sur le financement climatique, estimant que l’Afrique ne peut défendre efficacement ses intérêts que dans un cadre collectif et cohérent.
En clôturant la cérémonie d’ouverture, le ministre camerounais des Finances, Louis-Paul Motaze, représentant le chef de l’État, a réaffirmé l’engagement du Cameroun à soutenir les initiatives continentales en faveur de la résilience climatique et de la stabilité macroéconomique. Il a salué la pertinence du thème retenu, à l’heure où les pays africains cherchent à concilier développement économique et transition environnementale.
Ce symposium marque une étape essentielle dans la coopération entre banques centrales africaines et renforce la volonté collective d’accompagner la transition vers des économies plus robustes, inclusives et durables. Les travaux qui se poursuivent à Yaoundé devraient aboutir à des orientations communes pour une meilleure prise en compte du climat dans la gouvernance monétaire du continent.





