Le ministère de la Santé publique et de la Prévention a publié, le 26 novembre 2025, une alerte sanitaire concernant trois sirops de toux contaminés identifiés en Inde et signalés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Bien qu’aucune preuve n’indique pour l’instant leur présence sur le territoire tchadien, les autorités appellent à une vigilance accrue des professionnels de santé et de la population.
Selon l’alerte médicale n°5/2025 émise par l’OMS le 13 octobre 2025, les produits incriminés — Coldrif, Respireh TR et ReLife — présentent des niveaux dangereux de diéthylène glycol (DEG), une substance toxique pouvant être mortelle lorsqu’elle est ingérée. Les analyses révèlent des taux de contamination allant de 0,61 % à 48,6 %, bien au-delà des seuils acceptables. Les sirops, fabriqués par trois laboratoires indiens différents, sont destinés à soulager la toux et les symptômes respiratoires.
Le DEG, rappelle le ministère, peut provoquer de graves effets indésirables : douleurs abdominales, vomissements, diarrhées, troubles urinaires, maux de tête, altération de l’état mental, ainsi que des lésions rénales aiguës, particulièrement dangereuses pour les enfants.
Face à ce risque, le ministère formule plusieurs recommandations.
Aux professionnels de santé, il est demandé de : renforcer la vigilance face à tout cas suspect d’intoxication médicamenteuse chez les enfants ; interroger systématiquement les parents sur l’origine des sirops administrés ; s’abstenir de prescrire ou de distribuer des sirops non enregistrés ; sensibiliser les patients aux dangers des médicaments acquis hors circuit légal.
À la population, les autorités recommandent fermement : de ne pas acheter de sirops provenant de sources non autorisées, notamment les marchés ou Internet ; d’arrêter immédiatement l’usage de tout sirop suspect et de consulter un professionnel de la santé en cas de symptômes ; de conserver les flacons pour faciliter les investigations en cas d’intoxication.
Le ministère appelle également à signaler sans délai tout sirop suspect ou éventuel effet indésirable aux services de pharmacovigilance via l’adresse : pharmacovigilance.tchad@gmail.com.
Cette mise en garde vise à prévenir toute importation illégale ou diffusion informelle de ces produits dangereux, alors que plusieurs pays ont déjà rapporté des cas graves liés à leur consommation à l’étranger. Les autorités sanitaires tchadiennes réitèrent leur engagement à protéger la population contre les médicaments de qualité inférieure ou falsifiés.




