La Guinée-Bissau replonge dans l’incertitude politique. Ce mercredi, un groupe d’officiers dirigé par le général Denis N’Canha, chef de la Maison militaire de la Présidence, est apparu à la télévision nationale pour annoncer la mise en place d’un « Haut commandement militaire pour la restauration de l’ordre » (HCMRO). Cette structure affirme avoir pris le contrôle du pays « jusqu’à nouvel ordre », ordonnant par la même occasion la suspension immédiate du processus électoral en cours.
L’annonce intervient dans un contexte de tensions extrêmes. Quelques heures plus tôt, le président Umaru Cissoko Embaló avait affirmé avoir été brièvement interpellé par des hommes armés alors qu’il se trouvait à son bureau, aux environs de midi. Dans la capitale, des coups de feu ont été entendus autour du Palais présidentiel, tandis que plusieurs artères principales étaient bloquées par des militaires lourdement armés.
Un coup d’État qui se confirme
La prise de contrôle revendiquée par le HCMRO confirme les inquiétudes qui planaient depuis le début de la journée. En Guinée-Bissau, l’armée a souvent joué un rôle central dans les crises politiques, et la séquence actuelle s’inscrit dans cette tradition de fragilité institutionnelle.
Selon les officiers putschistes, l’objectif du nouveau commandement serait de « rétablir l’ordre et la stabilité ». Aucun calendrier de transition n’a cependant été annoncé, laissant le pays dans une zone d’ombre institutionnelle.
Une crise post-électorale explosive
Ce nouvel épisode intervient alors que la Guinée-Bissau attend toujours les résultats officiels des élections présidentielles et législatives du 23 novembre 2025. Le président sortant, Umaru Cissoko Embaló, candidat à un second mandat, revendiquait déjà une victoire au premier tour avec 65 % des voix.
Une affirmation immédiatement contestée par son principal challenger, Fernando Dias da Costa, soutenu par l’opposition. Ce dernier assure avoir remporté le scrutin, ouvrant un bras de fer politique dont l’armée semble désormais s’être emparée.
Un pays confronté à une instabilité chronique
La Guinée-Bissau, régulièrement secouée par des tentatives de putsch depuis son indépendance, fait face à un nouvel épisode d’incertitude. Entre blocage institutionnel, rivalités politiques exacerbées et interventions récurrentes des forces armées, le pays s’enfonce de nouveau dans une crise profonde.
Pour l’heure, aucune réaction officielle de la communauté internationale n’a été enregistrée. Mais à Bissau, c’est l’inquiétude qui domine, alors que les habitants restent confinés chez eux dans un climat de forte tension.




