L’ONG Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (Acat) a publié un rapport préoccupant sur la situation des droits humains au Togo, pointant l’incarcération de 48 personnes qualifiées de « détenus d’opinion ». Selon l’organisation, ces individus sont actuellement détenus « pour avoir simplement exercé leur liberté d’expression ou leur droit de manifester ».
Les personnes concernées, parmi lesquelles figurent des manifestants, activistes, blogueurs et membres de la société civile, ont été interpellées lors des mobilisations de juin dernier contre le gouvernement et dans les mois qui ont suivi. Acat dénonce également « des cas de torture » et considère que tous ces détenus sont en réalité des prisonniers d’opinion, incarcérés pour leurs convictions ou leurs actions pacifiques.
Dans un communiqué, Clément Bourstin, responsable des programmes Afrique d’Acat-France, a déploré le « silence dangereux » de la communauté internationale. Il a critiqué l’Union européenne, la France et la CEDEAO, qu’il accuse de privilégier la stabilité diplomatique au détriment de la protection des droits humains.
Les manifestations au Togo avaient éclaté après la promulgation, le 3 mai 2025, d’une nouvelle Constitution qui transforme le président Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005, en président du Conseil des ministres, un poste désormais doté du pouvoir exécutif. Ces réformes ont intensifié les tensions politiques et exacerbé les revendications pour davantage de libertés et de transparence dans le pays.
L’ONG appelle à une mobilisation internationale immédiate pour exiger la libération de ces détenus et rappeler aux autorités togolaises leurs obligations en matière de droits humains.




