En un geste diplomatique qui bouleverse les équilibres géopolitiques du Moyen-Orient, le président américain Donald Trump a accueilli, ce lundi 10 novembre, à la Maison-Blanche, le dirigeant syrien intérimaire Ahmad al-Charaa un homme autrefois traqué par le FBI sous son nom de guerre Abu Mohammad al-Jolani. Cette rencontre marque la première visite officielle d’un chef d’État syrien aux États-Unis depuis 1946, date de l’indépendance de la Syrie.
Ancien chef du groupe jihadiste Front al-Nosra, affilié à Al-Qaïda, Ahmad al-Charaa figurait il y a encore quelques années sur la liste noire du FBI, qui offrait 10 millions de dollars pour sa capture. Aujourd’hui, il est reconnu par Washington comme le président par intérim d’une Syrie en reconstruction, après des années de guerre civile et de fragmentation territoriale.
Lors d’un point de presse, Donald Trump a salué un « homme fort » qui, selon lui, « fait un très bon travail pour stabiliser la Syrie ». Le président américain, qui ambitionne de se présenter comme le « grand pacificateur du Moyen-Orient », a ajouté : « C’est un gars dur. Mais je me suis très bien entendu avec lui », rappelant leur première rencontre en Arabie saoudite en mai dernier.
Selon plusieurs sources diplomatiques, l’administration Trump envisagerait d’assouplir, voire de lever la “loi César”, adoptée en 2019 pour sanctionner le régime syrien et interdire à Damas l’accès au système financier international. Une telle mesure nécessiterait toutefois l’aval du Congrès américain, où les opinions restent divisées.
Dans la foulée de cette rencontre, une source au Département d’État a révélé que Washington prépare l’installation d’une base militaire près de Damas, officiellement « pour coordonner l’aide humanitaire et observer les développements entre la Syrie et Israël ». Cette décision soulève de nombreuses interrogations quant à la nature réelle du rapprochement entre les deux pays.
Si certains analystes y voient un virage stratégique audacieux susceptible de redessiner la carte diplomatique du Moyen-Orient, d’autres dénoncent un dangereux précédent : celui d’une réhabilitation politique d’un ancien chef jihadiste.
Pour nombre d’observateurs, la rencontre entre Trump et al-Charaa symbolise une ère nouvelle celle où les anciens ennemis deviennent partenaires, au nom du pragmatisme diplomatique et des ambitions géostratégiques américaines.



