Plus de 36.000 civils ont été contraints de fuir leurs villes et villages dans l’est du Darfour et le Kordofan-Nord, alors que les combats entre l’armée soudanaise et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) s’intensifient, a indiqué l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Selon un communiqué publié dimanche soir par l’agence onusienne, 36.825 personnes ont quitté cinq localités du Kordofan-Nord, un État stratégique reliant le Darfour à Khartoum. Cette flambée de violences survient un peu plus d’une semaine après la prise de la ville d’El-Facher par les FSR, marquant la perte du dernier grand bastion que l’armée contrôlait dans la région.
Les habitants de la région rapportent des affrontements quotidiens pour le contrôle d’El-Obeid, capitale du Kordofan-Nord et centre logistique majeur. « Nous avons cessé d’aller dans nos champs, de peur des affrontements », confie Souleiman Babiker, habitant d’Oum Smeima, à l’ouest d’El-Obeid. D’autres témoignages font état d’une multiplication des véhicules et du matériel militaire des FSR autour de la ville.Dans une vidéo diffusée dimanche soir, un membre des FSR a annoncé la concentration de leurs forces sur le front de Bara, au nord d’El-Obeid, localité que les paramilitaires avaient revendiquée la semaine précédente.
Face à cette escalade, Martha Pobee, secrétaire générale adjointe de l’ONU pour l’Afrique, a alerté sur de « vastes atrocités » et des « représailles à motivation ethnique » commises par les FSR, rappelant les schémas de violences observés au Darfour, notamment massacres, violences sexuelles et enlèvements ciblant les communautés non arabes après la chute d’El-Facher.
Depuis le début du conflit en avril 2023, la guerre au Soudan a déjà fait des dizaines de milliers de morts, déplacé près de 12 millions de personnes et déclenché ce que l’ONU qualifie de pire crise humanitaire au monde.



