Égypte–États-Unis : un dialogue stratégique axé sur la stabilité et le développement du continent africain

L’Égypte et les États-Unis ont tenu ce dimanche au Caire un nouveau cycle de dialogue stratégique consacré aux questions africaines. Coprésidée par le ministre égyptien des Affaires étrangères, de l’Émigration et des Affaires des Égyptiens à l’étranger, Dr. Badr Abdelatty, et par le principal conseiller du président américain pour les affaires arabes et africaines, M. Mossad Boulos, la rencontre a réuni des responsables des deux pays autour des grands défis de paix, de sécurité et de développement sur le continent.

Selon le porte-parole du ministère égyptien des Affaires étrangères, l’ambassadeur Tamim Khalaf, les discussions ont permis de réaffirmer la solidité du partenariat stratégique entre l’Égypte et les États-Unis, décrit comme un pilier de la stabilité régionale au Moyen-Orient et en Afrique. Les deux parties ont convenu de renforcer leur coopération politique, économique et sécuritaire, et de poursuivre la coordination sur les dossiers africains d’intérêt commun.

Parmi les sujets abordés figuraient la situation au Soudan, en Libye, dans les Grands Lacs, au Sahel et dans la Corne de l’Afrique, ainsi que la question cruciale de la sécurité hydrique de l’Égypte.

Le ministre Abdelatty a salué la « direction du président américain Donald Trump », estimant qu’elle avait contribué à la cessation de la guerre à Gaza et exprimé son espoir de voir cette dynamique s’étendre à l’Afrique. Il a réaffirmé la volonté du Caire de collaborer avec Washington pour résoudre les crises régionales, notamment à travers des mécanismes de coopération tripartite associant les institutions égyptiennes, telles que l’Agence égyptienne de partenariat pour le développement et le Centre du Caire pour le règlement des conflits.

Concernant le Soudan, le chef de la diplomatie égyptienne a appelé à un cessez-le-feu global et à la mise en place de couloirs humanitaires face à la détérioration de la situation sur le terrain, tout en réitérant le soutien du Caire à l’unité et à la stabilité du pays voisin. Sur la Libye, il a rappelé la position de principe de l’Égypte contre toute ingérence étrangère et en faveur d’un processus politique mené par les Libyens eux-mêmes.

Le dialogue a également porté sur la Région des Grands Lacs, où Le Caire s’est engagé à soutenir les efforts américains pour mettre fin à la guerre dans l’est de la RDC et à accompagner la mise en œuvre de l’Accord de Washington signé en juin 2025 entre Kinshasa et Kigali.

Abdelatty a par ailleurs insisté sur une approche globale au Sahel, combinant sécurité, développement et gouvernance, et a réaffirmé le rejet par l’Égypte des politiques déstabilisatrices dans la Corne de l’Afrique.

Abordant la question de la sécurité hydrique, le ministre a rappelé le caractère vital du Nil pour l’Égypte et a rejeté toute mesure unilatérale contraire au droit international dans le bassin du Nil oriental, en référence implicite au barrage de la Renaissance éthiopien.

Pour sa part, M. Mossad Boulos a salué « le rôle central de l’Égypte dans la promotion de la paix et du développement en Afrique », réaffirmant la détermination des États-Unis à maintenir une coordination étroite avec Le Caire.

Ce nouveau cycle du dialogue stratégique illustre la volonté des deux pays de faire de leur partenariat un instrument durable de stabilité et de coopération sur le continent africain, à un moment où celui-ci demeure confronté à des défis multidimensionnels, entre crises politiques, menaces terroristes et enjeux climatiques.

Constant Danimbe
Constant Danimbe
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